admin
25/05/2009, 12h09
Les frontières algéro-marocaines :
Quand l’humain doit l’emporter sur le politique
En sillonnant la banlieue d’Oujda, la chaine de montagnes Bin Lajraf, ne te laisse pas indifférent, elle interpelle ton attention par son ampleur et sa majesté. Hier, maquis de résistance contre l’occupation française et aujourd’hui, fief d’un vaste mouvement de contrebande, faute d’un véritable développement de la région. Elle n’est pas une extension naturelle de la ville, mais elle est bel et bien une partie du territoire algérien qui longe les frontières. La proximité est des plus évidentes, qu’il nous est difficile de dissocier les deux rives.
Notre voiture s’arrêta un moment pour contempler le passage de véhicules immatriculés en jaune et le drapeau algérien avec son croissant et son étoile flottant du haut d’un pilon au port Belmehidi. Un jeune couple avec leur fillette ont aussi pris position en face de nous et d’un geste machinal et involontaire, on s’est tous mis à faire des signes de la main en guise de salut. Expression émouvante et attendrissante qui s’est frayée son bonhomme de chemin pour aller droit au cœur. Cette rencontre fortuite et inopinée entre les deux bords, se fie catégoriquement des intérêts politiques et économiques. L’attitude est pleine d’enseignements, l’échange humain entre les peuples ne peut aucunement être sujet à controverses. Ni la discorde, ni la polémique ne peuvent l’entraver. Sa logique est diamétralement opposée à tout dessein politique. Le carburant algérien qui coule à flot sur les marchés d’Oujda et des villes limitrophes et les produits, qui’ ils soient de consommation, de décor ou les médicaments qui jonchent à même le sol, en est une parfaite illustration et même s’ils s’inscrivent dans une optique commerciale, ils renferment une profonde connotation sociale.
Ce que les fins connaisseurs qualifient de dictature de la géographie, il prend dans notre contexte l’acception d’expression humaine par excellence. Le lien entre les deux rives est indéfectible et le flux existe en dépit de toute volonté contraire.
Si le jeune couple est une représentation parfaite de l’état d’esprit de tout un peuple, la fillette est le symbole d’un avenir radieux de toute une région. Avenir qui ne doit pas rester seulement entre les mains des politiques, mais les sensibilités sociales doivent bouger pour secouer le cocon.
Pour l’honneur de la petite fille, vivement pour un fort collectif algéro-marocain qui fera de la réouverture des frontières sa revendication première.
Hanine Rachid
Journaliste marocain
Quand l’humain doit l’emporter sur le politique
En sillonnant la banlieue d’Oujda, la chaine de montagnes Bin Lajraf, ne te laisse pas indifférent, elle interpelle ton attention par son ampleur et sa majesté. Hier, maquis de résistance contre l’occupation française et aujourd’hui, fief d’un vaste mouvement de contrebande, faute d’un véritable développement de la région. Elle n’est pas une extension naturelle de la ville, mais elle est bel et bien une partie du territoire algérien qui longe les frontières. La proximité est des plus évidentes, qu’il nous est difficile de dissocier les deux rives.
Notre voiture s’arrêta un moment pour contempler le passage de véhicules immatriculés en jaune et le drapeau algérien avec son croissant et son étoile flottant du haut d’un pilon au port Belmehidi. Un jeune couple avec leur fillette ont aussi pris position en face de nous et d’un geste machinal et involontaire, on s’est tous mis à faire des signes de la main en guise de salut. Expression émouvante et attendrissante qui s’est frayée son bonhomme de chemin pour aller droit au cœur. Cette rencontre fortuite et inopinée entre les deux bords, se fie catégoriquement des intérêts politiques et économiques. L’attitude est pleine d’enseignements, l’échange humain entre les peuples ne peut aucunement être sujet à controverses. Ni la discorde, ni la polémique ne peuvent l’entraver. Sa logique est diamétralement opposée à tout dessein politique. Le carburant algérien qui coule à flot sur les marchés d’Oujda et des villes limitrophes et les produits, qui’ ils soient de consommation, de décor ou les médicaments qui jonchent à même le sol, en est une parfaite illustration et même s’ils s’inscrivent dans une optique commerciale, ils renferment une profonde connotation sociale.
Ce que les fins connaisseurs qualifient de dictature de la géographie, il prend dans notre contexte l’acception d’expression humaine par excellence. Le lien entre les deux rives est indéfectible et le flux existe en dépit de toute volonté contraire.
Si le jeune couple est une représentation parfaite de l’état d’esprit de tout un peuple, la fillette est le symbole d’un avenir radieux de toute une région. Avenir qui ne doit pas rester seulement entre les mains des politiques, mais les sensibilités sociales doivent bouger pour secouer le cocon.
Pour l’honneur de la petite fille, vivement pour un fort collectif algéro-marocain qui fera de la réouverture des frontières sa revendication première.
Hanine Rachid
Journaliste marocain