admin
18/08/2009, 17h43
Monsieur le Président,
Nous, Ryage.com, association non gouvernementale sans obédience politique ni religieuse, œuvrant pour le développement humain et culturel de la région de l’Oriental marocain et dont l'un des objectifs est de contribuer à la promotion des échanges culturels dans le Maghreb, vous interpellons sur le drame que vit la population riveraine de la frontière terrestre algéro-marocaine depuis sa fermeture en 1994.
En effet, et vous êtes bien placé pour le savoir étant vous-même de la région, presque toutes les familles y ont des parents de part et d'autre de la frontière: qui n’a pas une mère ou un père, a des frères et sœurs. Le degré de parenté le plus éloigné est le cousinage.
Pour pouvoir rendre visite aux leurs, elles n'ont pour solution que d'emprunter les voies aériennes à partir de Casablanca ou Alger qui se trouvent chacune à plus de cinq cent kilomètres de la frontière terrestre algéro-marocaine.
Outre le fait que l’avion est un moyen de transport onéreux, la distance à parcourir dans la totalité est plus que décourageante.
Emprunter ォtrik el ouahdaサ reste la seule solution pratique pour ces familles.
Cette voie leur permet de se déplacer, illégalement, entre les deux frontières.
Comme vous le savez, ォtrik el ouahdaサ veut dire, en arabe dialectal, ironie du sort, route de l’unité supposée maghrébine.
Le caractère illégal de cette voie laisse les riverains, nous ne pouvons nous voiler la face, tributaires du bon vouloir et de la complicité des autorités et des passeurs algériens et marocains.
Les concernés sont, aussi, réellement tributaires, de ce qui est appelé àun tour de vis et qui n’est en fait que l’application stricte de la fermeture des frontières terrestres.
Il vous est permis d’imaginer la détresse d’une personne qui doit voir pour la dernière fois sa mère ou son père mourant ou pire assister à leur enterrement et qui est refoulé manu militari!
Les cas de détresse sont aussi nombreux que différents…
Nous voulons à travers l’exposé de ce drame humain vous poser deux questions :
est-ce que les citoyens marocains et algériens doivent, obligatoirement faire les frais de décisions strictement politiques?
Est-ce que la liberté de circulation peut être, indéfiniment, limitée sachant que seule celle des familles est concernée car la circulation illégale des biens n'a jamais été aussi florissante?
Monsieur le Président, vous ne pouvez, indéfiniment, lier la réouverture des frontières terrestres à un règlement global des conflits entre l'Algérie et le Maroc sachant que le principal est celui du Sahara et qu'il n'est pas prêt d'être réglé.
De même, l'Algérie ne peut, continuellement, invoquer, dans ce cas, sa souveraineté. Il est, de nos jours, universellement reconnu que la souveraineté des états ne peut nuire aux droits humains.
Notre association est convaincue que le développement humain, économique et culturel du Maghreb ne peut se faire sans le respect de la dignité de sa population ainsi que de tous ses droits humains tels que universellement reconnus.
Le drame humain que vit cette population est une atteinte pure et simple à la dignité et la liberté qui sont des droits humains fondamentaux.
Nous vous informons que pour attirer l'attention sur ce drame, notre association a rédigé et lancer sur Internet une pétition en septembre 2007 qui nous a permis de constater une grande adhésion de la part des associations des droits humains et des individus du Maroc, de l' Algérie ainsi que des maghrébins de l'Europe.
Nous avons pu, aussi, depuis cette date, plaider pour cette cause dans différents journaux.
Notre association ne se limite pas à dénoncer mais appelle à des solutions humanitaires à ce drame au cas où les frontières terrestres algériennes s'obstinent à rester fermer.
Ainsi, l’octroi, aux familles recensées, de laissez-passer leur permettant de se déplacer pour des visites familiales ou la fixation d’un jour de semaine où il leur sera permis de traverser la frontière pour la même raison, nous semblent des solutions humanitaires.
Cette deuxième solution a été appliquée par les deux Corée longtemps ennemis par simple volonté politique.
En espérant que vous prendrez en considération la requête de milliers de familles qui vivent la fermeture des frontières terrestres entre nos deux pays comme un drame humain ne pouvant perdurer, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre très haute considération.
Fatiha Daoudi
Présidente de Ryage.com,
association pour le développement humain et culturel
de la région de l’Oriental marocain
Nous, Ryage.com, association non gouvernementale sans obédience politique ni religieuse, œuvrant pour le développement humain et culturel de la région de l’Oriental marocain et dont l'un des objectifs est de contribuer à la promotion des échanges culturels dans le Maghreb, vous interpellons sur le drame que vit la population riveraine de la frontière terrestre algéro-marocaine depuis sa fermeture en 1994.
En effet, et vous êtes bien placé pour le savoir étant vous-même de la région, presque toutes les familles y ont des parents de part et d'autre de la frontière: qui n’a pas une mère ou un père, a des frères et sœurs. Le degré de parenté le plus éloigné est le cousinage.
Pour pouvoir rendre visite aux leurs, elles n'ont pour solution que d'emprunter les voies aériennes à partir de Casablanca ou Alger qui se trouvent chacune à plus de cinq cent kilomètres de la frontière terrestre algéro-marocaine.
Outre le fait que l’avion est un moyen de transport onéreux, la distance à parcourir dans la totalité est plus que décourageante.
Emprunter ォtrik el ouahdaサ reste la seule solution pratique pour ces familles.
Cette voie leur permet de se déplacer, illégalement, entre les deux frontières.
Comme vous le savez, ォtrik el ouahdaサ veut dire, en arabe dialectal, ironie du sort, route de l’unité supposée maghrébine.
Le caractère illégal de cette voie laisse les riverains, nous ne pouvons nous voiler la face, tributaires du bon vouloir et de la complicité des autorités et des passeurs algériens et marocains.
Les concernés sont, aussi, réellement tributaires, de ce qui est appelé àun tour de vis et qui n’est en fait que l’application stricte de la fermeture des frontières terrestres.
Il vous est permis d’imaginer la détresse d’une personne qui doit voir pour la dernière fois sa mère ou son père mourant ou pire assister à leur enterrement et qui est refoulé manu militari!
Les cas de détresse sont aussi nombreux que différents…
Nous voulons à travers l’exposé de ce drame humain vous poser deux questions :
est-ce que les citoyens marocains et algériens doivent, obligatoirement faire les frais de décisions strictement politiques?
Est-ce que la liberté de circulation peut être, indéfiniment, limitée sachant que seule celle des familles est concernée car la circulation illégale des biens n'a jamais été aussi florissante?
Monsieur le Président, vous ne pouvez, indéfiniment, lier la réouverture des frontières terrestres à un règlement global des conflits entre l'Algérie et le Maroc sachant que le principal est celui du Sahara et qu'il n'est pas prêt d'être réglé.
De même, l'Algérie ne peut, continuellement, invoquer, dans ce cas, sa souveraineté. Il est, de nos jours, universellement reconnu que la souveraineté des états ne peut nuire aux droits humains.
Notre association est convaincue que le développement humain, économique et culturel du Maghreb ne peut se faire sans le respect de la dignité de sa population ainsi que de tous ses droits humains tels que universellement reconnus.
Le drame humain que vit cette population est une atteinte pure et simple à la dignité et la liberté qui sont des droits humains fondamentaux.
Nous vous informons que pour attirer l'attention sur ce drame, notre association a rédigé et lancer sur Internet une pétition en septembre 2007 qui nous a permis de constater une grande adhésion de la part des associations des droits humains et des individus du Maroc, de l' Algérie ainsi que des maghrébins de l'Europe.
Nous avons pu, aussi, depuis cette date, plaider pour cette cause dans différents journaux.
Notre association ne se limite pas à dénoncer mais appelle à des solutions humanitaires à ce drame au cas où les frontières terrestres algériennes s'obstinent à rester fermer.
Ainsi, l’octroi, aux familles recensées, de laissez-passer leur permettant de se déplacer pour des visites familiales ou la fixation d’un jour de semaine où il leur sera permis de traverser la frontière pour la même raison, nous semblent des solutions humanitaires.
Cette deuxième solution a été appliquée par les deux Corée longtemps ennemis par simple volonté politique.
En espérant que vous prendrez en considération la requête de milliers de familles qui vivent la fermeture des frontières terrestres entre nos deux pays comme un drame humain ne pouvant perdurer, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre très haute considération.
Fatiha Daoudi
Présidente de Ryage.com,
association pour le développement humain et culturel
de la région de l’Oriental marocain